Mandat mobilité 2026-2032 : Trans.Cité ouvre la réflexion sur les défis des six prochaines années.

Dans un contexte marqué par de fortes incertitudes économiques, sociales et environnementales, Trans.Cité a réuni ses adhérents le 23 septembre pour une journée consacrée au nouveau mandat mobilité 2026-2032. Élus, experts et acteurs de la mobilité ont croisé leurs regards et leurs expériences pour identifier les grands défis des années à venir. 

Un nouveau mandat dans un contexte en profonde transformation

Contraintes budgétaires, exigences de transition écologique et énergétique, pouvoir d’achat, transformation des usages, évolution démographique, intelligence artificielle… : les élus qui prennent aujourd’hui la responsabilité des mobilités devront composer avec de nombreux enjeux.

Comme l’a rappelé Luc François, Président de Trans.Cité, cette nouvelle mandature constitue un « moment charnière » et ouvre six années déterminantes pour l’avenir des territoires. Elle intervient également dans une année symbolique pour Trans.Cité, qui célèbre ses 40 ans d’engagement aux côtés des élus et des acteurs des mobilités.

L'ambition de la journée prendre de la hauteur, confronter les expériences et commencer à définir collectivement les priorités d’action du mandat 2026-2032. 

Comprendre la société pour mieux penser les mobilités

La matinée s’est ouverte avec l’éclairage de Brice Teinturier, Directeur général délégué d’Ipsos, venu dresser un état des lieux de la société française et de ses évolutions.

Son intervention a notamment permis de rappeler combien la mobilité touche directement au quotidien et aux aspirations des Français. Malgré l’évolution des pratiques, la voiture conserve une place importante, notamment parce qu’elle demeure associée à l’autonomie et à la liberté. Dans le même temps, les attentes en faveur d’alternatives progressent et invitent à construire des politiques de mobilité davantage pensées dans la complémentarité des modes et dans le temps long.

Un constat qui a nourri la suite des échanges : les transformations à venir passeront surtout, par l’évolution des usages.

Quel cap pour les politiques de mobilité ?

Anne-Marie Idrac, Ancienne Ministre des Transports,Ancienne Présidente de la RATP, Ancienne Présidente de la SNCF,Consultante SIA Partners, Présidente de France Logistique, Présidente de SANEF, a ensuite partagé son expérience des politiques publiques de transport et son regard sur les transformations en cours. Place de la voiture, financement, développement de l’intelligence artificielle et du numérique, logistique, véhicule autonome : autant de sujets qui vont continuer à redessiner le paysage des mobilités.

Face à l’incertitude, elle a notamment insisté sur deux principes : conserver l’usager comme fil conducteur et être clair sur la vision que l’on souhaite porter à long terme.

Les échanges se sont poursuivis avec Christiane Eckert, Présidente de Soléa, Mulhouse, Sylvain Laval, Président du Syndicat Mixte des Mobilités de l’Aire Grenobloise, Maire de Saint-Martin-le-Vinoux, Vice-président de Grenoble Alpes Métropole en charge de la voirie, de l’entretien, de la proximité et des ouvrages d’art, Co-président de TDIE, et Fabrice Sirop, Directeur général de Artois Mobilités, qui ont partagé leurs expériences territoriales autour de plusieurs enjeux très concrets : gratuité et tarification, sécurité, développement du vélo et des mobilités actives, expérimentation, financement ou encore gouvernance des mobilités à l’échelle des bassins de vie.

Leurs témoignages ont mis en évidence la diversité des réalités locales et la nécessité de construire les politiques de mobilité en fonction des spécificités de chaque territoire, en privilégiant le pragmatisme, l’expérimentation et la coopération.

François Durovray Ancien Ministre des Transports, Président du Département de l’Essonne, Président de la Communauté d’agglomération Val d’Yerres Val de Seine, a complété ces réflexions autour de la question centrale du financement des mobilités et de la nécessité de mieux articuler politiques nationales et dynamiques territoriales. 

Mobilités accessibles : passer des intentions à la réalité

Autre temps fort de la journée : la présentation officielle du Livre blanc de Trans.Cité
« Mobilités accessibles, rendre ordinaires les déplacements extraordinaires »

Fruit des travaux conduits tout au long de l’année 2025, ce Livre blanc s’appuie sur les témoignages et réflexions des personnes directement concernées, des acteurs du handicap et du vieillissement, des experts, des collectivités et des territoires.

Il porte une conviction forte : l’accessibilité n’est plus une politique sectorielle, mais un véritable enjeu de société.

À cette occasion, Andrea Khouhshkou, Déléguée interministérielle à l’accessibilité, a tenu à apporter son soutien à cette démarche à travers un message vidéo, soulignant l’importance des enjeux portés par ce Livre blanc.

Présentés à deux voix par Luc François et Édouard Hénaut, Directeur général ces travaux ont vocation à nourrir les politiques de mobilité du nouveau mandat. Trans.Cité souhaite désormais diffuser largement ce Livre blanc et le faire vivre au niveau local comme national. 

Trans.Cité, aux côtés des élus

Cette journée marque ainsi le point de départ d’une nouvelle dynamique.

Depuis 40 ans, Trans.Cité accompagne les élus, nourrit les réflexions et favorise le partage d’expériences autour des politiques publiques de mobilité. À l’ouverture de ce nouveau mandat, cette vocation prend tout son sens : permettre aux élus de sortir de leur quotidien, de confronter leurs expériences, d’accéder à des expertises et de construire collectivement des réponses adaptées aux transformations de leurs territoires.

Comme l’a souligné Luc François en conclusion, l’action publique impose aujourd’hui de répondre aux enjeux immédiats tout en conservant une vision de long terme : maintenir les engagements, investir, renouveler les équipements, développer les projets et anticiper les transformations à venir. C’est précisément dans cette articulation que Trans.Cité entend continuer à accompagner, éclairer et apporter un appui concret à ses adhérents.

Les réflexions engagées le 23 septembre se poursuivront dans les prochains rendez-vous de l’association, autour notamment des usages de l’intelligence artificielle dans les mobilités, puis lors de la Convention annuelle de Trans.Cité, du 3 au 5 novembre à Marseille, qui sera également l’occasion de célébrer les 40 ans de l’association.

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